Sweety

Juin 2026

Une triste histoire que celle de Sweety.
Mais une superbe histoire aussi, comme toujours lorsque se mêlent la mort, le hasard, les souvenirs et les rencontres.

Triste histoire parce qu’elle commence par deux décès, à deux bouts de la France.
En Normandie, celui d’une chienne, Chewie, pour laquelle nous avions relayé l’annonce de la SPA de Gennevilliers.
Dans la Drôme, celui d’une dame encore bien jeune qui laissait derrière elle des humains et des animaux qui l’aimaient.

Au Chowpôle, dans la même journée, nous recevons un appel d’Erica, l’adoptante de  Chewie qui a découvert que nous avions publié pour sa fifille et qui voulait savoir si nous l’avions connue, parler d’elle, de l’amour de toute sa famille pour Chewie, si attachante, de leur rencontre à la SPA, qui avait commencé par une morsure dont Erica souriait. Au fil des phrases une connexion  s’établit entre amoureuses des chows, un langage identique, des expériences similaires, une même approche de l’adoption, de la vie avec un chow.

Et une prise de contact de Florian, jeune homme qui devait faire face à la montagne de tourments en tous genres que représente le décès d’une maman, le moindre n’étant pas de devoir assumer 2 chiens et 5 chats lorsqu’on a sa vie à construire. « Et puis je dois vous dire, j’ai essayé de placer Sweety , notre chow chow de presque 5 ans , par une association locale mais il a mordu la famille alors j’ai dû le récupérer le lendemain. Je n’ai pas compris cette réaction de Sweety, qui est d’ordinaire plutôt avenant, mais je préfère vous la signaler. »

Sweety, 4 ans et demi, castré, à jour des vaccins même contre la leishmaniose

Réaction à noter, certes, mais pas non plus de quoi s’alarmer lorsqu’on aime les chows, se faire mordre sur la prise de contact est assez fréquent, les vétérinaires le savent bien, ha ! ha ! ha !

Sylvie : « Allo, Denise, vous êtes en vacances au pays de la lavande, est-ce que vous pourriez récupérer un chow-chow, pour ainsi dire sur votre route ? Je pourrai venir le récupérer demain. »
Mais pas besoin de convaincre Denise et Alain: ils sont famille d’accueil, ils sont sur la route de Sweety, ils le récupèrent.  Pour eux c’est une évidence. Ah! Comme c’est agréable d’avoir pu s’entourer de personnes qui ne sont pas effrayées par leur ombre!

Donc 3 jours après cette fameuse journée aux coups de fils croisés, Sweety était en route pour la région parisienne, dans la voiture de Denise et Alain. « On le trouve plutôt sympa, il s’est couché, ne souffle pas, ne râcle pas, il est tranquille. Bien sûr, avec cette chaleur, on ne peut pas s’arrêter pour déjeuner, on mangera un sandwich dans la voiture. ». Ah ! l’adaptabilité de nos FA ! peu nombreuses, mais si précieuses !

Denise : « Sweety est un peu perdu mais il n’est pas fuyant, au contraire il se rassure auprès de nous, il nous suit dans les pièces. Cette nuit il a dormi dans notre chambre.

En promenade, il a eu peur des bus que l’on a croisés. Demain nous irons au bois en voiture et je roulerai fenêtre ouverte, pour qu’il s’habitue aux bruits.

Et il faut voir s’il sait monter les escaliers, ça pose problème à certains chiens.

Avec les chats ça va bien, ce sont eux qui ne l’aiment pas…

Voilà un vrai boulot de FA : découvrir le chien, tâcher de lui apprendre ce qu’il ne connait pas, le rassurer, éventuellement le soigner, lui donner toutes les chances pour être adopté par les personnes qui conviendront à sa personnalité.

Comme on l’imagine bien, nous avons proposé à Erica et Denise d’entrer en contact, elles se sont plu. Car jamais nous ne laisserions adopter un chow sans l’aval de sa FA. Parce qu’il faut de la confiance pour laisser partir un chien qu’on a eu la générosité d’accueillir, sans en savoir grand-chose, parfois le remettre sur pied et lui redonner confiance et l’armer pour la vie , loin de vous.

Erica, son mari, ses deux grands enfants, encore tout bouleversés du départ de Chewie, ont donc traversé la région parisienne pour rencontrer Sweety, et le miracle a eu lieu. Le miracle de l’amour qu’un chien donne toujours par son regard pur et par sa dépendance envers l’humain.

Erica : « À l’aller, mes enfants et mon mari trouvaient que c’était trop tôt pour réadopter. Sur le chemin du retour, ils avaient hâte d’avoir Sweety chez nous.
Quelques jours après, Erica est revenue chercher Sweety.

Le voyage cette fois-là encore s’est bien passé, et depuis la vie avec Sweety est devenue une évidence, pour toute la famille. Non seulement ils ont adopté Sweety, mais Sweety les a adoptés.
Et on imagine le soulagement de Florian et de sa maman, là-haut, en voyant leur Sweety si vite à l’aise et la famille adoptive aux petits soins pour leur cher Sweety :

Erica : « Sweety adore les friandises, jusqu’à se rouler dans l’herbe. Un peu perdu aujourd’hui car mes hommes sont partis bosser. Il a vu notre grande fille ce week-end. C’est marrant, il va chercher des caresses avec les garçons. Il mange bien, il préfère la pâtée que les croquettes. Hier il a dormi avec mon grand garçon, dans la nuit il a poussé la porte et il s’est installé dans sa chambre. Et grand matinal, il est venu dans notre chambre pour réveiller mon mari pour la promenade. Il réclame beaucoup de câlins et la promenade est très importante pour lui.

Aujourd’hui on peut laisser les portes de la maison ouvertes, alors il rentre, fait son tour dans le jardin et dort dans la véranda.

Baignade dans la piscine, déjeuner aux croquettes et des tranches de jambon sous un parasol et le brumisateur et une sieste…

Un chow-chow qui se promène sans laisse au bout de quelques jours, qui adore ses humains au point de les débarbouiller non-stop de léchouilles…

Qui a adopté son espace en très peu de temps…

Nous nous demandons tous comment Sweety a pu mordre dans la famille pressentie pour l’adopter. À croire que les chow-chows savent d’instinct qui sera nocif pour eux et préfèrent s’en éloigner en se montrant désagréables.

Ce n’est pas le cas chez Erica et nous espérons que ce bonheur tout neuf durera longtemps cette fois. La vie continue.