Oup’s et Gina

23 novembre:

Balade en famille pour Oup’s et Gina.

20 novembre:

Oups est passé chez le véto pour le contrôle des otites,
tout c’est bien passé.
Il a donné la patte à la veto aussi la secrétaire 😃

17 novembre:

« Oup’s!
Mais quelle est cette chose étrange ???? »

9 novembre:

Oup’s, de plus en plus à l aise, de plus en plus joueur.
Entente parfaite avec Gina.
Que du bonheur pour Marie-Josée et Robert!

Novembre 2021

Oup’s a voyagé cet été, en août.
Il a pris la voiture avec les valises et la planche à voile mais il n’a jamais vu la mer; son voyage à lui s’est arrêté dans le refuge voisin, où il s’est retrouvé, tout désemparé, avec juste son livret de santé (pas à jour évidemment) comme seul souvenir tangible de son maigre passé.
Et l’indication de son nom, Oup’s.
Oup’s qui sonne comme une erreur.
« On a acheté un chien. Oup’s, on n’aurait pas dû… »

Ben elle est où la mer?

 

Août. Même les refuges tournent en effectif réduit.
C’est en septembre, au retour des vacances, que la responsable nous a contactés pour savoir si nous voulions prendre Oup’s: « C’est super qu’une association comme la vôtre existe, les chows sont spéciaux, nous on ne sait pas trop comment les prendre, ni par qui les faire adopter, en plus si vous le prenez, il libèrera une place pour d’autres. »
Des propos agréables à entendre.
Le temps de s’organiser, entre travail et difficultés familiales  (Eh oui! malgré notre investissement sans faille, nous sommes de chair et d’os, nous avons des émotions, nous avons des engagements professionnels, des soucis de santé, des parents à hospitaliser, des proches qui décèdent, et aussi des soucis de voiture, de chauffage, ou de fuite d’eau,  et des soucis avec nos propres animaux, mais nous avons choisi de ne pas écouter pousser nos cheveux …) et voici Oup’s de retour à la liberté.

Liberté surveillée car d’après Laure et Patrick, « Oup’s a tout de suite fait le tour du terrain pour voir s’il pourrait trouver une faille« .

Sale période, il pleut des chows dans le sud ouest.
Pour permettre à Laure et Patrick d’ héberger de nouveaux venus, et Oup’s ne présentant aucune sorte de difficulté,  nous décidons de le confier à une autre FA, située dans l’Est de la France.
Dimanche: longue journée de co-voiturage au cours de laquelle se sont succédés Laure et Patrick, Régine et Lucien, Dominique la maman de Peluche, Alix, Jean-François et finalement Anne qui devait héberger Oup’s.

T’as un truc pour moi toi?

Mardi: après une journée de repos c’est toilettage en salon.
Un peu compliqué sur l’instant,  Oup’s n’a probablement jamais vécu de toilettage de sa vie, ni dans sa famille ni encore moins en salon,  il ne semble toutefois pas en vouloir à Anne…

 

Mais le soir,  lors de la dernière promenade, pour une raison inconnue, peut être parce que le toilettage avait enlevé une montagne de poils, peut être parce que le harnais avait été mal remis, peut être parce que Oùp’s avait repéré quelque chose d’intéressant sur le parcours de la promenade, il s’est dégagé du harnais et est parti…

Mercredi: Oup’s a passé la nuit dehors.
En chow intelligent, probablement habitué à se balader seul, il n’est pas parti la truffe au vent, il a retrouvé l’immeuble dans lequel il ne vivait que depuis 48 h et il a attendu qu’ Anne vienne le chercher.
Ce qu’elle a fait.
Mais impossible de lui passer un harnais.
Oup’s n’a consenti à suivre que libre.
Arrivé à l’appartement Oup’s n’a pas voulu manger, il n’a bu qu’un peu et il est parti sur le balcon.
Plus tard dans la journée Anne a voulu le ressortir et il était inconcevable de sortir Oup’s sans qu’il soit attaché.
C’est lorsqu’elle lui a présenté le harnais que les choses se sont gâtées.
Oup’s n’a pas mordu mais il était si menaçant qu’Anne a préféré appeler les pompiers pour l’évacuer.
Capture au lasso, cage. Direction le veto qui ne l’attendait que le lendemain pour le castrer.

Jeudi: nuit en cage, castration, nettoyage d’une méga otite au cours de la même anesthésie et application de Neptra, un produit génial qui agit durant un mois sans qu’il y ait besoin d’ennuyer le chien deux fois par jour. Idéal pour les chows difficiles ou  avec lesquels on n’a pas encore eu le temps de sympathiser, car la douleur ne facilite pas le contact…

Voilà Oup’s soigné, castré, harnaché mais qu’allait-il devenir?
Anne ne pouvait plus garder Oup’s chez elle, à cause de sa petite fille de 4 ans, on peut le comprendre, et ce n’était pas la peine non plus que l’appartement rappelle à Oup’s le souvenir d’autant de tensions, pauvre loulou.

Heureusement, nous commençons à être assez nombreux pour qu’un plan B puisse rapidement être mis en place.
Ce sont Marie-Josée et Robert, les adoptants de Chamallow, décédé 3 semaines auparavant, qui ont récupéré Oup’s en FA.

Me v’là encore en parti… pour où cette fois?

Marie-Josée et Robert ont 50 ans d’expérience de chow.
Ils ont surtout eu des chows pas faciles, ou décrits comme tels.
Chamallow ne faisait pas exception.
Gina, il a fallu 18 mois pour en faire une chienne de famille,  une chienne qui apprécie les caresses et vienne prendre une friandise dans les mains…
La description de la réaction de Oup’s ne les effrayait pas, ils savent qu’avec un chow il faut du temps.
Ce qui comptait pour eux, c’était l’entente avec Gina car cette dernière semblait revivre après le décès de Chamallow qui s’était toujours montré très dominant envers elle, jaloux des croquettes, jaloux des caresses, jaloux de la première place en tout et pour tout. Gina changeait au cours de ces semaines sans Chami et ils ne voulaient pas qu’elle rentre à nouveau dans sa coquille.

Gina

Et Oup’s a été la bonne surprise!
Robert: »Avec Gina, ça se passe très très bien. Il n’y a pas l’ombre d’un conflit, ni dedans ni dehors.
En balade Oup’s est très bien, il ne cherche pas à partir, il profite, il apprécie les odeurs… Il écoute beaucoup les bruits, parfois il grogne. Des bêtes sauvages? des promeneurs? peur? protection?  On ne connait pas un chien en une semaine. On se découvre mutuellement et pour l’instant tout va bien, je pense que la confiance sera réciproque au fil du temps.


Ce qu’on peut dire pour le moment c’est qu’il aime bien être dedans, ou en tous cas là où nous sommes et comme avec ce temps nous sommes dedans…  il nous suit de pièce en pièce, et  même si parfois il semble dormir, quand on bouge il nous suit..

Sa cicatrisation se passe très bien, le vétérinaire à fait ce qu’il fallait pour un chien aussi chamboulé: pas de pansement qui colle à la peau, pas de collerette qui ajoute au stress, mais des anti inflammatoires et des antibios pour prévenir tout souci.
Franchement il n’y a rien à dire, tout va bien, je crois même qu’il est le chow le plus facile que nous ayons eu chez nous. »

Ouais, j’trouve aussi!

Marie-josée: « On ne voulait plus de chien car on ne rajeunit pas, mais c’est rassurant que l’asso soit là.  Malgré tout on n’aurait pas sauté le pas, mais Oup’s c’est un peu le hasard. Il a eu besoin de nous. Il a besoin de nous.  Tout se passe bien. Nous avons décidé de l’adopter. »

C’est vrai? j’peux roupiller tranquille? Ch’uis alsachien?

Oup’s est adopté, tout se termine bien.
Mais si nous l’ avions proposé à l’adoption en racontant l’intervention des pompiers pour l’évacuer de l’appartement d’Anne, qui aurait voulu l’adopter?
« C’est un chien méchant » aurions nous entendu.
Pourtant il s’agit bien du même chien, sociable, en recherche d’affection, et même « pot de colle » dit Robert.
Des situations ainsi, nous en avons vécues des dizaines.
Les chows que nous récupérons ont un passé.
Celui de Oup’s nous dit qu’il se faisait sanctionner, « dérouiller », lorsqu’il rentrait de l’une de ses fugues, (ce genre de comportement aussi impulsif que stupide est hélas répandu) du coup il a eu peur lorsqu’ Anne a voulu le bloquer pour lui passer le harnais, il y a des situations qu’ Oup’s ne veut plus revivre.
D’autres chows ont d’autres peurs, soit de situations inconnues pour eux, comme la voiture, ou le bain, ou le vétérinaire, soit de situations qu’ils ne connaissent que trop parce qu’on les a contraints à les vivre sans bienveillance: la voiture qui ne sert qu’à aller chez le veto, le toiletteur qui laisse des heures suspendu à un crochet alors qu’on a mal partout et qu’on rêve de se coucher, le veto qui veut mettre des trucs dans l’oreille qui fait mal…

Aimer les animaux, ce n’est pas les créditer de pensées humaines, aimer les animaux, c’est penser comme eux.
Il n’y a pas de chien « méchant », la méchanceté est le propre de l’ Homme.
Il n’y a que des chiens mis dans des situations inconfortables et nous nous devons d’aider à les surmonter.

J’trouve qu c’est bien dit 😉