L’arthrose touche un chien sur cinq, et particulièrement les chiens âgés ou de grande taille — nos Chow-Chows, hélas, n’y échappent pas. Longtemps limitée aux anti-inflammatoires classiques, la prise en charge de cette maladie articulaire chronique connaît depuis quelques années des avancées concrètes. Voici où en est la recherche, et ce qui est aujourd’hui accessible dans nos cliniques vétérinaires.
Une nouveauté majeure : la thérapie par cellules souches
Depuis 2022, il existe un médicament vétérinaire disposant d’une autorisation de mise sur le marché (AMM) européenne pour traiter l’arthrose du chien par cellules souches : DogStem, commercialisé par le laboratoire TVM .
Comment ça marche ? Le produit contient des cellules souches mésenchymateuses prélevées dans le cordon ombilical de chevaux — une source jeune, abondante, et éthique, avec très peu de risque de rejet immunitaire même chez une autre espèce. Ces cellules ont des propriétés anti-inflammatoires et favorisent la régénération du tissu articulaire.
Comment se déroule le traitement ? Une seule injection, directement dans l’articulation touchée (coude ou hanche le plus souvent), réalisée par un vétérinaire.
Contrairement à une idée reçue, ce geste ne nécessite pas obligatoirement un plateau d’imagerie de pointe : il repose sur une technique d’arthrocentèse (repérage par points anatomiques), que le laboratoire a d’ailleurs commencé à enseigner aux vétérinaires généralistes via des formations dédiées. L’imagerie (échographie) reste toutefois un vrai plus pour la précision, en particulier sur la hanche, articulation plus profonde et plus délicate d’accès.
Quel coût ? Comptez plus de 500 € pour une injection.
Quelles chances de succès ? C’est le point à garder en tête pour ne pas se créer de faux espoirs : dans l’étude clinique ayant permis l’AMM 51 % des chiens traités ont montré une amélioration significative à 8 semaines (contre 5 % sous placebo). Ce taux redescend à 39 % à 12 semaines. Sur un suivi de 18 mois, la durée de l’effet chez les chiens répondeurs varie énormément : de 8 semaines à plus d’un an selon les individus. En clair : environ un chien sur deux répond bien au traitement, avec un bénéfice qui peut être durable — mais ce n’est pas un miracle garanti pour tous.
D’autres laboratoires travaillent sur des approches voisines, avec des cellules souches autologues (prélevées sur l’animal lui-même) plutôt qu’un produit prêt à l’emploi, notamment le lyonnais Vetbiobank — à l’origine, historiquement, de la technologie reprise dans DogStem.
Et les traitements existants ? Le cas de Librela
Avant l’arrivée des cellules souches, une autre innovation avait déjà changé la donne : Librela (bedinvetmab), un anticorps monoclonal injectable mensuel qui cible spécifiquement le facteur de croissance nerveuse (NGF), responsable de la transmission de la douleur. Il coûte environ 100 à 150 € par injection, à renouveler chaque mois.
Peut-on associer les deux traitements ?
Oui : DogStem et Librela agissent par des mécanismes complètement différents et ne sont pas incompatibles. DogStem vise à agir sur l’articulation elle-même (inflammation, régénération tissulaire) via une injection ponctuelle, tandis que Librela contrôle la douleur au niveau du système nerveux via des injections mensuelles répétées. Une approche multimodale peut donc avoir du sens pour certains chiens, en complément d’autres piliers classiques de la gestion de l’arthrose : contrôle du poids, activité physique adaptée, compléments alimentaires (type chondroprotecteurs), voire kinésithérapie. Seul le vétérinaire traitant, au vu de l’état clinique du chien, peut évaluer la pertinence et le bon ordre d’association de ces traitements.
En résumé
La recherche vétérinaire avance vite sur l’arthrose canine, et c’est une bonne nouvelle pour nos Chow-Chows vieillissants ou fragiles des articulations. Mais ces nouveaux outils ont un coût significatif, une efficacité qui reste partielle et variable selon les chiens, et nécessitent toujours un suivi vétérinaire rapproché. Comme toujours, la meilleure arme reste la prévention et le diagnostic précoce — n’hésitez pas à consulter dès les premiers signes de raideur ou de boiterie chez votre compagnon.