Mai 2026
Nous recevons un message d’une personne d’un département voisin qui nous demande si nous pouvons récupérer un chow en urgence, la situation est dramatique, pour le chien : Voilà, j’ai acheté une maison et j’ai accepté de garder les deux chows des précédents propriétaires, un couple. Le mâle a 9 ans. La femelle… elle est morte. Voilà, j’ai deux staffys, je gardais aussi celui de ma fille… Quand je suis rentrée du travail, ils avaient déchiqueté la femelle chow-chow. Elle n’était pas encore morte, mais à 12 ans elle aurait dû subir de telles opérations qu’elle risquait de souffrir sans jamais se remettre. J’ai appelé son ex-maîtresse car elle était toujours à son nom et elle a préféré qu’on l’euthanasie. Ce qui me soucie maintenant, c’est le mâle, Naÿko, je l’isole des staffys mais il ne comprend pas, il est très gentil, il s’ennuie et défonce l’enclos que je lui ai fait pour aller avec eux. Je vis dans une angoisse permanente pour lui.
Le soir même nous récupérions Naÿko.
Nous avions rendez-vous sur le parking d’une clinique vétérinaire que nous connaissons bien.

Premières constatations: aucune difficulté pour monter en voiture, sage en enclos, bon appétit, facile pour prendre la Vache qui Rit fourrée d’anti-parasitaire.
Les jours qui ont suivi Naÿko a été lavé, brossé, pulsé sans se départir de son extrême gentillesse, son bon regard confiant fait fondre..
« Pourvu qu’on lui trouve rapidement une famille, il est tellement affectueux, il a tellement besoin d’humains pour l’aimer. « Pauvre bon gros chien… »

Il faut commencer par castrer Naÿko, le vacciner aussi car son carnet n’est plus à jour depuis belle lurette et faire vérifier les oreilles qui se sont révélées bien sales lors du toilettage : Bingo ! une otite bilatérale ! Les prélèvements partent à l’analyse pour pouvoir adapter les soins car, d’expérience, les otites sont souvent chroniques et résistantes.
Lorsqu’on sait combien les otites font souffrir, on est émerveillé par la tranquillité avec laquelle Naÿko accepte les soins locaux !

Naÿko est aussi très sociable avec ses congénères, avec les mâles autant qu’avec les femelles. De sa première vie avec deux malinois – qui eux n’ont pas été cédés avec la maison –, il a acquis tous les codes, il sait ne pas être insistant, partir plus loin s’il est mal accueilli… À le voir aussi placide, on se doute qu’il n’a absolument pas su comprendre l’agressivité des staffys… Sa gentillesse même fait de la peine lorsqu’on la met en parallèle avec ce qu’il a vécu.
Reste à voir comment notre loulou se comporte avec les chats…
C’est une fois de plus Chaminou qui s’y colle…
Test réussi.
Nous proposons Naÿko à Marie, dont on sait qu’elle souhaiterait bien donner un chow-pain à sa fifille Luna.
Elle est ravie et vient chercher Naÿko fin juin en croisant les doigts pour qu’il soit agréé par Luna, qui a ses têtes.
Mais tout se passe rapidement très bien…

Luna n’a jamais accepté un congénère aussi vite, peut-être parce que les autres ne sont pas des chow-chows…
Naÿko, lui, est au paradis…

Le lit, Luna le laisse volontiers à Naÿko, ce qu’elle ne lui laisse pas en revanche, c’est la gamelle. Depuis qu’elle est au régime, la gamelle est sacrée alors qu’auparavant il fallait toujours la stimuler pour qu’elle daigne y toucher. -5 kg. Mais pour une chowchotte de petit gabarit, 25 kg, c’est mieux que 30, ses articulations s’en portent mieux.
Naÿko, lui, n’a pas de problème de poids. Il est loin d’être maigrichon. Il est juste bien. S’il y a une chose dont il n’a pas souffert dans sa première vie, c’est de la faim.

Un seul bémol dans le bonheur tout neuf de Naÿko : les vacances ! Marie avait âprement négocié avec la propriétaire du gîte qu’elle avait réservé pour emmener Luna. Mais un chien, pas deux ! La dame a été intransigeante.
Que faire de Naÿko?
Le mettre en garde si tôt après tant de bouleversements n’a pas semblé judicieux; Naÿko est donc revenu au Chowpôle, endroit où il avait des repères.
Bien sûr nous avons tout fait pour qu’il se sente bien, le matin il se baladait avec les potes comme au bon vieux temps de son arrivée, il connaissait d’ailleurs certains chowpains, Stéphane est venu faire des balades à la fraîche, nous avons profité de passages d’adoptants et d’amis pour faire des balades…
Nous avons même profité de la présence d’une nouvelle pensionnaire, Suzanne (dont nous vous reparlerons plus tard), pour donner de la compagnie à Naÿko, mais, peut-être prêtons-nous trop souvent aux chiens des états d’âme qu’ils n’ont pas ? … :
Naÿko ne semblait pas heureux :

Heureusement, nous, nous savions.
Nous savions que la séparation d’avec Luna, d’avec le confort de la maison, d’avec les bonnes balades et les siestes communes ne durerait pas plus que le temps des vacances et nous nous réjouissions du retour de Naÿko au sein de la famille où il se sentait si bien.
Et Naÿko est reparti là où désormais il est CHEZ LUI :

Et voilà!
Les habitudes ont été reprises comme s’il n’y avait pas eu d’interruption :

… Le canapé est toujours aussi moelleux…

… et le lit toujours autorisé :

Naÿko, 9 ans, a trouvé une famille qui l’aime sans se poser la question de la couleur, de la pigmentation de la truffe ni de la position des oreilles car Naÿko, pour eux, est avant tout un chow adorable et qui a besoin d’amour.

Une adoption entre personnes de la même famille de cœur, de ceux qui savent ce que « être heureux » veut dire pour un chien.
