Nathalie, adoptante de N’Shadow

26 octobre:

Nous donnons la parole à Nathalie sur son parcours qui la menée à adopter N’Shadow, un chowchow bien malade
L’achat ou l’adoption ? Un dilemme qui n’en serait pas un !
J’ai appris au fil du temps que chaque démarche se faisait parfois naturellement selon sa situation personnelle, familiale, financière, et son mode de vie, mais encore faut il connaitre tous les choix qui s’offrent à nous, que ce soit réfléchi et d’être bien conseillés.
C’est la période de deuil il y a 15 ans qui pour moi a été décisive de basculer de l’achat à l’adoption. Cette séparation tragique, cette douleur qui n’arrive pas à vous quitter et là vous recherchez pourquoi cette maladie, ce cancer qui vient frapper votre fidèle compagnon un jour, comment vous auriez pu le protéger et là j’ai découvert l’existence de refuges (à l’époque on parlait de SPA principalement) j’ai vu un petit chow de 3 ans qui attendait patiemment l’adoption depuis 2 mois derrière ses grilles. Nous étions lui et moi 2 cœurs meurtris et je me suis dit voilà 12 ans que j’ai un chow, autant continuer à apporter du bonheur et des soins à un petit être que de continuer à vivre dans la souffrance et me voilà partie à faire 4h de train avec ma mère pour le sortir de sa cage. J’ai vite compris qu’il souffrait plus que d’une séparation avec ses anciens maîtres, il avait des réflexes de recul, ne connaissait rien de la vie en intérieur ni de la vie citadine, il manquait de développement musculaire mais au fil du temps il a compris qu’il avait des tapis au chaud, qu’il était choyé, les balades se rallongeaient et qu’il devenait un vrai sportif à me suivre partout, et un jour vous réalisez que les problèmes articulaires ont disparu, qu’il ne sursaute plus au moindre bruit, qu’il découvre le monde en veillant sur lui. C’est comme tout il faut du temps et de la patience, qu’il se fasse à son nouvel environnement, que les stigmates du passé soient oubliés, qu’il comprenne nos habitudes, que ses angoisses s’apaisent et qu’il fasse confiance. A l’âge de 13 ans un cancer est apparu. Nous étions fusionnels et son décès m’a dévastée au point de ne plus vouloir revivre ce déchirement que nous connaissons tous de voir partir ceux qui partagent nos joies, nos peines et sont nos compagnons de vie.
4 mois plus tard je suis tombée sur la page Facebook de l’association et sur le post du sauvetage de N’shadow, j’ai d’abord suivi l’avancée de ses soins, puis j’ai contribué à ses soins, et l’absence de nouvelles m’a incitée à en prendre, mais voilà la volonté de ne plus souffrir était encore trop grande et c’est alors que j’ai lu un magnifique post de l’association qui résumait tellement bien la phase de deuil qui nous détourne parfois d’une nouvelle adoption tellement la douleur est vive, alors que des chows attendent un foyer pour être aimés, et là tout a basculé je me suis dit rien ne ramènera mon fidèle compagnon et rien n’effacera la douleur. J’ai décidé de traverser la France pour N’shadow et cela n’a pas été sans émotion, je ne remercierai jamais assez l’association et notamment Sandrine pour cet accompagnement et son soutien sans faille car le but est que nos chows trouvent le bon foyer. Il y a l’achat, l’adoption d’un chien traumatisé par l’abandon et l’adoption d’un chien malade. J’ai passé un autre cap en accueillant un chow avec une maladie auto immune, je dirai qu’à chaque étape de notre vie et selon notre mode de vie, l’aide de notre entourage, il est bon de se poser toutes les bonnes questions avant d’acheter/adopter et surtout en sachant au fond de nous ce qui est le mieux et notre capacité à assumer car souvent nous entendons des phrases toutes faites :
« tu adoptes en refuge attention c’est un chien qui a souffert qui risque d’être agressif » euh non…souvent ils sont plutôt collés à toi,
 » tu l’adoptes à l’age de 3 ans tu vas vite le perdre » ben…qui connait sa durée de vie….,
 » tu adoptes un chien malade ça va être compliqué et ça va te coûter cher » c’est comme les humains qui n’a pas un traitement et la maladie n’a plus d’âge… l’engagement financier doit être pris en compte que ce soit un achat ou une adoption car ils tombent malades, ils ont des accidents ou des pathologies chroniques qui peuvent survenir…
Bref ce ne sont que des idées reçues, nos poilus s’éduquent, se rétablissent, s’apaisent et s’épanouissent dans un foyer qui leur correspond, rien n’est une fatalité il faut du temps et ne s’engager que selon ses possibilités, en dehors de ça, je dis souvent que nous n’avons de contraintes que celles que nous nous mettons.
N’shadow a rejoint notre famille il y a 3 ans à l’age de 5 ans en sachant qu’il souffrait d’un pemphigus folliacé assorti d’un traitement à vie.
En ayant fait des recherches j’ai compris que le stress, les conditions climatiques, son alimentation etc influaient sur la maladie j’ai donc adapté son mode de vie pour le prémunir.
Il mange, il boit, il sort, il part en vacances, il reste seul comme tout autre chien, mais il se balade principalement sur des revêtements adaptés (pas ou peu de cailloux), il porte une chaussette pour sortir si son coussinet est abîmé, j’évite la neige ou avec des chaussettes, je donne des probiotiques pour aider son système immunitaire et il a un bon vétérinaire pour être réactif si besoin.
Son traitement est passé de 2 cachets à 1/2 par jour et nous adaptons les activités et les sorties selon son énergie du jour ! Alors oui c’est de l’adaptation pour comprendre ses besoins mais il vit comme tout autre chow et ne rend pas plus visite au vétérinaire que mes autres chows.
Nos poilus sont comme les humains, ils ont leur caractère et dans leur vie ils pourront changer de compagnon, tomber malades, avoir des craintes, avoir des jours avec et des jours sans ! Le plus important est de les aimer et de veiller sur eux.

Cécile, adoptante de Mummy

26 octobre 2025:
La parole est donnée à Cécile qui nous parle de son adoption de Mummy, alors âgée de 13 ans
 » Voici mon témoignage, je vous livre juste avec mes mots du cœur et tous mes doux souvenirs de cette si émouvante adoption de Mummy .
Dans la vie il est des rendez-vous imprévus et des émotions que le cœur ne s’attend pas à vivre .
A chaque publication, où l’association Chow au Cœur, faisait le récit et le portrait d’un nouvel arrivant en manque d’amour et de soins, je ressentais tellement de peine !
Et puis un jour il y a eu l’histoire de Mummy : une chow chow de 13 ans retrouvée errante (après avoir été probablement jetée dehors comme un sac poubelle !!!!). Après un passage en fourrière, où par chance, une personne avait entendu parlé de Chow au Cœur a contacté l’association pour qu’elle puisse l’accueillir, elle a rejoint le refuge des langues bleues et est allée en famille d’accueil chez Laure.
A la lecture de son histoire, j’ai été tellement touchée et indignée que j’ai été submergée par un flot de larmes puis de gros sanglots que je n’ai pas pu retenir ni contrôler . Le rejet et l’abandon qu’elle a subis me parlaient tellement et faisaient écho à ma propre histoire. C’était comme un message subliminal et un appel au secours qu’on me lançait, une évidence que je devais l’adopter et lui offrir une belle fin de vie dans un amour doux et rassurant.
Portée par un élan du cœur et sans me poser de questions, j’ai rempli le formulaire pour lui apporter l’assurance de ne plus être abandonnée mais aimée et choyée dans le confort de mon petit écrin de nature.
Je garde toujours en moi le souvenir de cette émotion lorsque je suis allée à sa rencontre à Poitiers chez Annie et Jean-Pierre où Sandrine nous a rejoints . Je vois encore Mummy, petite grand mère de 13 ans , bien que fatiguée par beaucoup de transferts et de km en peu de jours, marcher tranquillement et venir vers moi et se laisser caresser comme si elle avait deviné le pourquoi de ma présence .
Le retour en Bretagne s’est merveilleusement passé: dès son arrivée à la maison elle est allée à la découverte de son nouvel univers et de Merveille qui allait être sa nouvelle amie (puis de Sibelle, la petite tornade de 2 mois un peu plus tard dans le temps). 3 princesses chow- chowttes à la maison : que du bonheur et tellement d’amour.
Sans savoir vraiment le vécu de Mummy, ni du temps d’errance qu’elle a du supporter, elle était la douceur et la gentillesse même, ne manifestant aucune méfiance des humains et recherchant le contact et les caresses en permanence. Elle était un exemple de tendresse et de résilience : elle m’a tellement touchée pendant les 14 mois que nous avons partagés. Elle s’est endormie naturellement juste après Noël me laissant un grand vide mais aussi une belle leçon de vie .
Elle n’est plus là physiquement mais son urne funéraire et son petit autel où elle repose me permettent de la sentir encore et toujours près de moi .
En écrivant ces lignes je lui rends un double hommage : celui de m’avoir donné tant d’émotions, d’avoir été une très belle rencontre, un moment fort et indélébile de ma vie, une chow chow exceptionnelle plus humaine que beaucoup d’humains et je lui envoie tous mes plus doux bisous volants jusqu’à son étoile pour la remercier d’avoir croisé ma route et lui souhaiter un très bon anniversaire en ce 18 octobre .
Tu es et resteras pour toujours dans mon cœur ma petite Mummy « 

Céline et Géraldine, adoptantes d’Hortense

26 octobre 2025:
« Hortense, c’est l’histoire… d’un Ange !
Je ne savais pas qu’il existait une association qui venait en aide aux chows et c’est lors de la Chow Chow Beach de 2017 que j’ai appris l’existence de Chow Au Cœur. Sur le site, j’ai lu des témoignages révoltants, bouleversants mais j’y ai surtout trouvé des mots d’amour des bénévoles pour ces pauvres petites êtres blessées par les Humains.
J’ai découvert l’histoire d’Hortense début mai 2018 au détour de sa page sur le site de l’association. Comment ne pas s’indigner face à l’enfer qu’elle avait pu connaître avant d’être sauvée par Sylvie et sa maman, qui toutes deux n’avaient pas hésité à faire des heures de route pour récupérer une petite chienne qui n’était plus que l’ombre d’une vie.
Lire son histoire fut une chose, mais la rencontrer en chair et en os à la Chow Chow Beach fin mai 2018 fut le déclic : et si on lui ouvrait notre maison, notre cœur (même s’il était déjà tout acquis à sa cause à la lecture de son histoire)… Oui mais elle a déjà 8 ans, elle est handicapée… Oui mais… Si on ne l’accueille pas, on ne saura jamais ! Formulaire complété, appel téléphonique de Sylvie : on y va, on se lance : rendez-vous est donné à Sophie qui est sa famille d’accueil du moment, le dimanche 27 mai 2018, jour de la fête des mères, il y a des dates qui marquent plus que d’autres et celle-ci en fait partie.
A mi-chemin de sa famille d’accueil et de notre domicile nous récupérons une petite Hortense, le poil court qui a bien repoussé. Elle vient grossir notre meute de poilus : 1 chowchow, 4 chats et 1 lapine.
Toute cette tribu ne l’impressionne pas, désormais elle sera le phare de tous ces loulous.
Elle n’est que douceur et patience, elle aime flâner dans le jardin, profiter des dodos, elle est gourmande et ne rechigne jamais sur sa pâtée.
Elle essaye de sortir de sa torpeur permanente notre Iggy Pop qui n’est jamais réceptif à l’appel aux jeux de ces congénères, mais c’est pas grave, elle clopine dans le jardin, cherchant les endroits où elle peux suivre l’activité dans la rue.
Son handicap, on ne le voit plus tant elle le surmonte chaque jour, malgré ses trois pattes, elle monte tous les soirs pour se coucher au pied du lit, impossible pour elle de ne pas nous suivre… Elle ronfle à faire trembler les murs, mais qu’il est bon d’entendre ses ronflements.
Sa santé, l’association a veillé à lui redonner : elle va aussi bien que son âge incertain et son handicap le lui permettent. Les balades ça ne lui fait pas peur, du moment qu’on est avec elle. Elle aime les câlins et on aime ses câlins.
Les mois passent, déjà deux ans et demi que notre belle Hortense nous a rejointe : elle est magnifique, son pelage est super, elle reste toujours aussi dynamique malgré les douleurs que lui provoquent sa patte. L’ostéo qui la suit (et admettra du bout des lèvres « communiquer » avec les animaux qu’elle manipule) nous dit que Hortense a connu un beau début de vie entouré d’une personne aimante puis ensuite un enfer dont elle s’est échappée au risque de sa vie, entrainant à jamais cette patte morte et des peurs terribles à jamais ancrées dans son corps.
On ne saura jamais son vrai âge, mais elle pouvait avoir un comportement de chiot comme celui d’une maman attentive : jouer avec des feuilles d’arbres, un bout de branche tombé, veiller sur les chats et la lapine qui vaquent dans le jardin ; jamais agressive, toujours attentive.
Elle aime sa maison, elle est devenue casanière, elle n’aime plus trop la voiture pour aller chez le vétérinaire, donc on cherche un nouveau vétérinaire plus proche, mais elle n’aime pas trop ce vétérinaire, donc on en cherche un autre encore plus près… Et là elle aime bien la vétérinaire plus gentille et compétente, c’est elle qui lui trouvera une tâche noire qui ne lui plait pas sur son dos, ponction et analyse : c’est un mélanome, il semble avoir été retiré dans son intégralité, laissant l’espoir de ne pas devoir lui faire réaliser des examens plus poussés, avec des risques liés à l’anesthésie notamment avec un nouveau confinement qui complique également les démarches.
Hortense fait le choix de ne plus nous accompagner à l’étage pour dormir, Géraldine viendra passer ses nuits auprès d’elle au rez-de-chaussée.
Printemps 2021, Hortense semble fatiguée, elle mange peu, elle continue ses séances de dodo au soleil dans le jardin, mais apprécie le confort de ses dodos à la maison, près de nous… Sa fatigue m’inquiète, nous nous sentons impuissantes car la véto compétente était remplaçante dans le cabinet vétérinaire et son contrat n’a pas été renouvelé (elle était trop bienveillante avec les animaux qu’elle soignait), on se retrouvait démunie devant une incompétente peu encline à chercher les causes de la fatigue de Hortense.
Nous avons donc fait appel à service de vétérinaires à domicile : deux heures d’attente avant son arrivée mais ses premiers mots étaient rassurants : on va voir ce qu’elle a, ça ne peut pas être si grave… Malheureusement, plus la consultation avançait et plus le constat était alarmant : notre petite puce s’éteignait, aussi discrètement qu’elle avait vécu auprès de nous, sans plainte, sans gémissement, juste un regard fatigué, implorant silencieusement qu’on lui redonne ses ailes…
Son départ a été difficile, son absence insupportable et si c’était à refaire : sans hésiter on le referait.
Avoir recueillie Hortense c’est aussi avoir rencontré des personnes formidables comme Sylvie, Sophie, Sandrine et tant d’autres bénévoles au sein de l’association… »

Sophie et Christiane, adoptantes de Genus

26 octobre 2025:
Sophie et Christiane: « Génus est arrivé chez nous en Novembre 2024,il venait d’avoir 13ans, après avoir traversé toute la France en ayant fait une halte de quelques jours au Chow Pôle puis après il est arrivé dans le Sud chez nous
Nous avions déjà au départ
Eva 4 ans1/2 et Lili9 ans des Chowchottes toutes deux adoptées venant du ChowPôle,en plus un vieux Carlin 13ans1/2et 1 chihuahua 9.1/2
Génus à été bien accueilli par ce petit monde à 4 pattes Génus
Était un peu intimidé par les 2 grosses chowschottesqui restaient imperturbables.
Très vite Génus m’a adoptée comme sa maman,mais il restait dans notre chambre,bien qu’il pouvait circuler dans toute la maison et le jardin avec les chowspines
Aujourd’hui,il a pris possession de toute la maison et du jardin avec les toutous en plus chose amusante il boit dans le bol du chihuahua qui est très petit et depuis il va dans tous les bols de la maison et dehors ça y est il est bien !!!
Le 15 Novembre 2025 nous lui
Souhaiterons ses 14ans!!
Génus nous apporte beaucoup de bonheur par sa présence et c’est réciproque ! Il nous cherche tout le temps,il a un regard très expressif
Oui si l’occasion s’offre à nous pas d’hésitation
Pour adopter un autre autre Chow âgé car c’est une race extraordinaire, pour certains ils ont un caractère un peu têtu,mais avec beaucoup d’amour et de caresses, et de patience on arrive à leur faire comprendre
Nous sommes enchantés de notre expérience
Merci à tous les bénévoles qui s’occupent des Chows-Chows. »

Témoignage de Céline et Géraldine, adoptantes de Carli

25 octobre 2025:
Aujourd’hui ce sont Céline et Géraldine qui nous parlent. Elles partagent avec nous la vie avec Carli qu’elles ont adoptée à l’âge de 12 ans . Elles ont choisi les photos qui suivent avec une émotion toute particulière pour la dernière, prise quelques heures avant son départ
« Carli c’est l’histoire… d’un second Ange !
Fin août 2021, Hortense nous a quitté depuis 2 mois.
Sylvie nous contacte, elle nous demande si on peut accueillir en famille d’accueil une femelle de 12 ans, OK chat et OK chien. Elle nous résume la situation.
Mouiiii pourquoi pas, mais on vient de perdre Hortense, on ne se sent
pas prêtes, est-ce bien raisonnable ?
Sylvie nous propose de tenter l’expérience en tant que FA et comme elle doit venir dans le quartier dans quelques jours pour une adoption, elle a pensé à nous…
Le grand jour arrive : Carli est maigre (16 kg), le harnais de travers, le regard tout autant, elle ne nous accorde pas le moindre intérêt… Oulà
qu’est-ce qu’on a fait ?!
Bon ce serait mentir que de ne pas dire qu’on a vraiment eu l’impression d’avoir fait une erreur… Mais heureusement les journées sont longues en
été et la demoiselle a élu domicile dans le jardin, elle a succinctement visité les lieux (« Ah tient y a une maison, ah y a des chats, tiens des croquettes, mais c’est quoi ce bolosse qui me regarde avec sa tête d’ahurie… Bon bah je reste à l’ombre dans le jardin ! »).
Elle ne boude pas la gamelle de pâtée, aucune animosité vis-à-vis de Iggy, ni des chats qui viennent voir qui est cet intrus.
A l’heure du couché, elle reste dormir au rez-de-chaussée, laissant l’étage au troupeau de félins et à Iggy.
Le premier matin elle nous regarde descendre, mais continue encore un peu sa nuit, toujours ce regard de défiance. Elle semble étonnée de voir
encore une gamelle de pâtée et la mange de bon cœur. La matinée s’écoule, elle est paisible à l’ombre dans le jardin. Elle connait son nom quand on l’appelle. J’ai de la peine de la voir déambuler avec son harnais trop grand et pas très bien fixé, je tente de lui enlever, elle est très calme, je peux enfin toucher son poil très doux et constater à quel point ses côtes et sa colonne vertébrales, sont saillantes.
A partir du moment où son harnais est enlevé, on la sent apaisée. Elle comprend vite le rythme des habitants de cette maison et notamment le
cat-power qui règne en ses lieux, notamment avec une chatonne de 3 mois qui n’aura même pas peur de se glisser entre ses pattes sans que Carli ne montre le moindre signe d’agressivité.
Sylvie nous avait prévenu : « elle n’est pas encore stérilisée mais son ex dit qu’elle n’a jamais eu de chaleurs ! » Bon ça, c’était avant, dans sa vie où elle ne semblait pas une priorité pour manger et sortir, car chez nous, les chaleurs débarquent et mon Dieu ce n’est pas joli-joli.
Direction notre vétérinaire, ça ne semble pas être un pyomètre, mais idéalement il faudrait la stériliser au plus vite… sauf que sa biologie
sanguine n’est pas bonne. Carli montre bien des signes de « négligences »
Il faut donc la requinquer avant toute intervention. Autant vous dire que la petite a compris qu’elle pourrait manger à sa faim, que les
gourmandises, ça existe et que le jardin c’est quand elle veut pour flâner.
Suivi toutes les semaines et fin octobre les résultats d’analyses donnent le feu vert pour la stérilisation et le retrait de la chaine
mammaire. Durant l’intervention notre vétérinaire constate que ses ovaires sont « atypiques », elle en profite pour les retirer : les résultats d’anapath confirmeront le cancer de la chaine mammaire mais également des ovaires à un stade très avancé. L’association a pris à sa charge tous les frais liés sa stérilisation. Carli a été super en
post-opératoire, vetue d’un magnifique body bleu, elle ne touchera jamais sa cicatrice, elle nous laissera faire les soins sur sa cicatrice
sans aucune agressivité, elle sera d’une patience sans faille après cette grosse chirurgie.
Les semaines qui suivent, la métamorphose a lieu : sa biochimie sanguine devient parfaite, elle prend du poids, son poils devient encore plus
doux et beau qu’à son arrivée;
Carli sera heureuse à nos côtés, elle s’est prise de passion pour Minouchka, une vieille mimine obèse que nous avions recueillie pour lui éviter l’euthanasie, et comment dire, Carli se prenait pour un chiot avec notre vieille Minouchka au point de lui galoper aux fesses, ce qui était bon pour le cœur de Minouchka, mais pas pour ses fesses. Carli n’était que douceur avec nous et nos autres animaux, elle aimait sautiller devant Iggy pour l’appeler au jeu, il l’ignorait avec toute la
splendeur qu’on lui connait. Alors pour l’embêter rien de mieux que de courir à la gamelle quand ils rentraient, histoire de se coucher devant pour embêter Iggy et il lui rendait bien la pareille lorsqu’il lui bloquait l’accès à la porte d’entrée, mais pas démunie pour deux sous.
Elle sautillait devant lui et aboyait quand il faisait durer la blague un peu trop longtemps. Elle aimait les bisous aussi bien les faire que les recevoir…
Les balades, elle les aimait : doucement, à flâner, toujours contente de voir un congénère, je pense qu’elle aurait apprécié de jouer avec certains congénères d’ailleurs.
Les mois à ses côtés n’ont été que bonheur, toujours bon pied, bon œil.
Des douleurs, certes, mais que le Galliprant ou le Librela, pouvaient soulager.
Début juin 2023, à quelques mois de ses 14 ans, Carli a commencé à se montrer plus fatiguée mais toujours aussi douce. Elle ne montait plus à
l’étage, préférant le calme du rez-de-chaussée. Ses gamelles de patées ne l’attiraient plus, mais elle gardait son humeur joyeuse et la vivacité de son grand âge.
Rendez-vous fut pris avec notre vétérinaire, bilan sanguin, une biochimie perturbée, direction une clinique plus spécialisée.
Echographie abdominale, le couperet tombe en quelques minutes : une énorme tumeur a élu domicile sur sa rate, au risque de rompre cette
dernière et de ne lui laisser que quelques minutes à vivre en l’absence d’un geste chirurgicale d’urgence. Hospitalisation de plusieurs jours
pour voir avec l’oncologue de la clinique et l’équipe pluridisciplinaire.
La décision est dure, il faut décider si on tente une chirurgie avec les risques qu’on connait à son âge avancé.
Sylvie sera à notre écoute pour nous aider à faire notre choix, la vétérinaire spécialisée aussi : s’il doit y avoir chirurgie, le post-op
pourrait être compliqué et peut-être même nécessiter une chimiothérapie…
Carli rentrera à la maison, les derniers jours elle accepte tant bien que mal les seringues de nourriture liquide adaptée que je lui donne,
jamais elle ne se rebelle, mais son regard m’en dit long : « STOP ».
C’est le 4 juillet 2023 que la décision est prise de laisser s’envoler cette si douce Carli, le cœur gonflé de 3 merveilleuses années à ses
côtés, mais brisé de n’avoir pu la garder encore un peu plus longtemps.
Elle s’est endormie très paisiblement, sous nos caresses, nos baisers et nos promesses de se retrouver dans un monde meilleur…
Là encore nous ajouterons que d’avoir accueillie Carli, c’est avoir rencontré des bénévoles formidables : Sylvie, Alix, Sandrine et tant
d’autres encore… »
L’univers a dit : « Je les enverrai sans ailes afin que personne ne soupçonne qu’ils sont des Anges »

Association d'entraide autour du Chow Chow